Le Vol à Voile

 

Historique rapide :

Si le premier vol plané a été effectué en 1891 par Otto Lilienthal en Allemagne, Il a fallu attendre les années 20 pour voir voler les premiers vrais planeurs.

Ils étaient lancés d'abord par des hommes courant sur des pentes en tenant les ailes du planeur, ensuite avec des Sandows, les pentes étant bien orientées face aux vents dominants.

Il y a même eu des tractions par automobiles.

Sur les premiers planeurs, les pilotes étaient assis sur une simple poutre, en avant de l'aile et sans habitacle.

.Les performances étaient très moyennes et consistaient à rester le plus longtemps possible en l'air.

Après la guerre 14/18, les Allemands n'eurent pas le droit de construire d'avions. Ils développèrent une activité aérienne avec le vol a voile, orientée vers la jeunesse, ce qui était la meilleure formation pour de futurs pilotes d'avion.

Assez rapidement dans les années 30 les planeurs évoluèrent, les fuselages se carénèrent et les habitacles qui furent longtemps avec la tête à l'air se couvrirent d'une verrière et préfigurèrent les planeurs modernes. Les lancements étaient presque toujours effectués avec un treuil à moteur mais aussi avec avion remorqueur.

La construction était presque exclusivement faite en bois entoilé, les formes, les profils d'ailes firent l'objet de recherches continuelles et les performances augmentèrent sans cesse.

En France, l'industrie aéronautique a également produit des planeurs et dans les années 30 quelques constructeurs d'avion sortirent des planeurs de performance qui eurent un réel succès.

Le même processus se renouvellera après la dernière guerre et l'industrie allemande de construction de planeurs s'est développée rapidement pour devenir la première mondiale. Je pense qu'actuellement au moins 80 % des planeurs en service sont allemands ou de conception allemande.

Dans les années 70, les premiers planeurs tout plastique firent leur apparition.

La construction se fait par moulage de grandes surfaces, fuselages et ailes ce qui permet une finition de surfaces parfaites et donc améliore sérieusement les performances.

De nombreux et bons planeurs furent également construits en France mais progressivement la production cessa.

La dernière usine qui construisait des planeurs modernes plastiques en France vient de cesser sa production.

Actuellement la Slovénie, la Tchéquie, la Lettonie construisent également des planeurs plastiques, généralement sous licence.

 

Le vol à voile en France

La Fédération Française de vol a voile est l'organisme fédérateur des 180 clubs existants et d'environ 15000 licenciés.

Les clubs de vol à voile existent dans toute la France mais les plus actifs se situent dans les Alpes de Haute Provence car ils bénéficient du soleil et de la proximité des Alpes. De très gros clubs également en région parisienne malgré les restrictions aériennes ainsi que dans le sud Ouest et dans le centre.

Le centre national de Saint Auban sur Durance géré par la Fédération forme les pilotes instructeurs et assure l'entraînement de l'équipe de France de vol a voile sur des matériels de très haut niveau.

La France a d'ailleurs remporté plusieurs titres mondiaux ces dernières années. , tant a titre individuel que par équipe.

On peut donc faire du vol a voile partout mais on est toujours tributaire des conditions météo.

Les conditions idéales d'une bonne météo sont de belles formations nuageuses assez élevées, par une journée assez chaude, avec un vent modéré.

Par ciel bleu et une bonne chaleur, il y a des courants thermiques dans lesquels on peut spirale comme sous un nuage.

Et s'il y a du vent et une côte bien orientée face au vent, on peut faire du vol de pente en allers et retours le long de la côte.

Pour les très grands vols il y a quelques fois, principalement dans les régions montagneuses, des conditions dites de vol d'onde qui permettent de monter au-delà de 4000 m.

Les clubs sont pratiquement tous des écoles de pilotage avec moniteur diplômé,disposant de planeurs biplaces, d'avion remorqueur et de treuils de lancement.

Avant de s'inscrire comme élève il faut passer une visite médicale auprès d'un médecin agrée aéronautique.

Pour avoir le brevet, il faut également passer un examen théorique que l'élève peut préparer seul ou avec son instructeur.

L'âge minimum est de 15 ans pour commencer les vols, et de 16 ans pour passer son brevet de pilote de planeur. Il faut compter une quarantaine d'heures de vol avant d'obtenir sa licence.

Il n'y a pas de limite d'âge supérieure !

En général les élèves sont lâchés après environ 20 heures et volent seuls ou en biplace avec l'instructeur jusqu'au brevet.

Le brevet autorise le vol solo en local du terrain c'est à dire que son altitude et son éloignement lui permette toujours de rejoindre l'aérodrome.

Le but du vol a voile n'est pas de tourner en rond mais d'effectuer des circuits de vol plus ou moins longs et le plus rapidement possible. Après entraînement avec son instructeur en vol sur la campagne, l'élève obtient sur son carnet de vol la mention "autorisé campagne ". Il n'y a plus de restrictions et le pilote peut partir seul en circuit.

 

 

Le club met à la disposition du nouveau breveté ses planeurs selon une tarification soit à l'heure de vol, soit au forfait pour la saison sans limitation d'heures ce qui est plus intéressant et incite plus a voler.

 

Pour pouvoir emmener un passager, l'instructeur après contrôle du pilotage sur biplace, porte sur son brevet de pilote la mention "emport de passager ". Le brevet est complet et pour l'entretenir, il suffit d'effectuer un certain nombre d'heures dans l'année, passer une visite médicale auprès d'un médecin agrée et faire valider par l'organisme qualifié, cela tous les 2 ans pour les moins de 40 ans et tous les ans pour les autres

Les planeurs

Il existe encore dans les clubs des planeurs ancienne génération en bois et toile qui volent très bien et sont mis à disposition des pilotes à des conditions avantageuses.

Les planeurs plastiques monoplace ou biplace ont pris la relève.

Les planeurs monoplaces ont en général 15 m. d'envergure, les biplaces ont environ 18 m. mais les planeurs de performance peuvent aller en mono jusqu'à 18/20m et les biplaces 25 m.

Il existe également des planeurs motorisés permettant une réelle autonomie de mise en œuvre, ils peuvent décoller seuls et présentent une grande sécurité pour assurer le retour si les conditions se dégradent.

Un des éléments des performances d'un planeur est la finesse. Il s'agit des possibilités théoriques par air calme pour un planeur de voler un certain nombre de kilomètres en perdant 1000 m d'altitude.

Les anciens planeurs bois et toile ont une finesse de 28/30

Les planeurs plastiques mono de 15 m. sont donnés pour une finesse de 40/41 (Besançon ou Pontarlier en partant à 2000 m. direct Arbois à 1000 m.)

Les très grands planeurs actuels de 25 m d'envergure ont une finesse de 60/65

Cette finesse n'est que théorique car de nombreux facteurs aérologiques peuvent la faire diminuer sérieusement.

Un planeur plastique mono pèse env.260 kg, un biplace 550 kg en 18 m. et environ 700 kg pour les grands 25 m.

La vitesse maximum autorisée se situe aux environ de 250 km mais l'utilisation normale varie de 90 à 160/180. La vitesse minimum de sustentation dite de décrochage est d'environ 70 km.

La mise en ouvre de ces planeurs se fait actuellement de deux façons :

Un avion remorqueur tire le planeur avec un câble de 50/60 ml. et le monte suivant les clubs à une hauteur forfaitaire de 500 m. sol ou a la demande du pilote du planeur dans la direction demandée et à la hauteur désirée a laquelle il se largue. Le temps de remorquage est alors facturé au 1/100 d'heure. C'est généralement vers un beau cumulus sous lequel le pilote du planeur spirale aussitôt pour monter à l'altitude maximum afin de partir faire un circuit.

La deuxième technique de décollage est le départ au treuil. Il faut généralement plus de 1100 ml. de câble mis en œuvre par un puissant moteur de 300/400 CV qui actionne un tambour enroulant le câble à des vitesses progressives jusqu'à 100 km et monte le planeur à 3/400 m. sol.

La plupart des treuils sont diesel mais il y a des installations avec moteur électrique.

Le gros avantage du treuil sur le remorqueur est son faible coût

Un remorqué peut coûter 20 Euros et une treuillée 6 ou 7 Euros.

L'avantage du treuil est certain pour faire de l'école qui nécessite de nombreux décollages. Suivant les sites, il est moins intéressant pour partir en circuit car un bon remorqué peut permettre un départ plus rapide et générer 5 ou 6 heures de vol ou plus.

Arbois ne permet pas l'installation d'un treuil car la longueur n'est pas suffisante (900 ml) et les conditions de vol derrière Villette ne permettent pas de monter aussitôt.

Autre avantage du treuil : le silence par rapport à l'avion.

Les nuisances posent problèmes dans bien des clubs. La majorité des avions remorqueurs sont des Moranes Rallye 180 CV, assez bruyants mais on peut les équiper de silencieux et d'hélices quadripales ce qui réduit nettement le bruit.

 

Les performances

Je vous ai dit que le but d'un vélivole était de pouvoir aller se promener sur la campagne avec toujours, si possible, revenir sur son terrain de départ sauf s'il a prévu une ligne droite vers un but fixé.

Il y a plusieurs "grades " de brevets.

Le premier doit effectuer un trajet de 50 km, un gain d'altitude de 1000m et un vol de 5 H. Le second 300 km et un gain d'altitude de 3000 m. Ensuite 500 km et un gain d'altitude de 5000 m.

Actuellement en France avec de grands planeurs, des circuits de 1000 km et plus sont effectués soit en aller et retour soit en triangles.

Le record de France battu il y a quelques années était sur un biplace parti de la vallée de la Durance jusqu'à Fez au Maroc en survolant toute la Sierra espagnole qui donnait d'excellentes conditions à 4ou5000 m.

Distance parcourue 1670 km.

Les pilotes étaient équipés d'anoraks, bottes fourrées, bonnets etc pour voler aux grands froids à ces altitudes. Je vous laisse deviner la stupéfaction des marocains en voyant débarquer cet équipage au soleil.

Actuellement un pilote est en Patagonie et effectue des vols époustouflants de 3000 km sur la Cordillère des Andes mais à des altitudes de 5 à 8000 m et à des vitesses de 180 ou 200 km/h donc en 15 heures de vol.

Les limites du vol à voile sont conditionnées par la météo.

La météo nationale peut donner, à la demande, une alerte météo pour les pilotes qui désirent faire de grands vols.

Les planeurs modernes disposent d'équipements de navigation et de gestion du vol très sophistiqués, calculateurs, GPS qui au retour permettent une analyse complète des vols, vitesse, altitudes, points de virage etc.

On peut toujours prévoir effectuer un circuit plus ou moins long avec des buts fixés et le réaliser ce qui est l'idéal.

Ce n'est jamais gagné d'avance car les conditions météo évoluent en permanence et le retour est parfois très difficile, voir impossible.

Il n'y a qu'une solution, choisir un champ dépourvu d'obstacles et assez long, si possible, bien orienté s'il y a du vent et poser le planeur.

Ca s'appelle faire "une vache " mais c'est une action normale au vol a voile et tout pilote autorisé à voler sur la campagne doit être entraîné pour se poser dans ces conditions.

La fatigue du vol, le stress et la peur de rater ce genre d'atterrissage peut quelque fois générer des incidents voir des accidents.

Le planeur étant posé, si le contact radio avec les autres planeurs du club en vol n'a pas été réalisé, il faut téléphoner en donnant les coordonnées et attendre.

Une équipe de deux ou trois membres du club attellent la remorque affectée au type de planeur et partent en dépannage.

Le planeur se démonte en 4 éléments. Deux demi ailes, le fuselage et la profondeur. Les ailes se démontent en enlevant deux axes, la profondeur un écrou. Cette opération demande environ 20 minutes.

Le remontage n'est guère plus long.

Actuellement le recrutement pose des problèmes a de nombreux clubs.

Le niveau des dépenses n'est pas le seul argument : la chasse, le golf, les sports d'hiver et bien d'autres loisirs sont aussi onéreux.

Les jeunes qui peuvent bénéficier de bourses vont, pour la plupart, jusqu'au brevet et abandonnent ensuite pour de nombreuses raisons : études, copines etc.

Le principal obstacle est la disponibilité. On ne vient pas faire du vol a voile sur rendez vous a heure fixe, comme il est possible de le faire en avion.

La majorité des clubs fonctionnent avec des bénévoles afin de maintenir un niveau de prix et rendre l'accès à ce sport au plus grand nombre.

Les jeunes apprennent très vite a piloter, mais on peut commencer à tout age et ensuite continuer de piloter même a un âge très avancé en restant mordu à vie par la passion du vol ce qui est mon cas.

J 'espère que ce résumé sur le vol a voile vous aura permis de mieux connaître cette activité et peut être vous donner envie, pour ceux d'entre vous qui ne l'ont pas déjà fait, de venir faire un vol au club.