Rencontre entre le minéral (le gypse) et le végétal (le carton). Le gypse, ou " pierre d'Egypte " ou albâtre d'Egypte était connu et utilisé par les Egyptiens et dont l'utilisation s'était un peu perdue au moyen âge.

L'usine des PLATRIERES de GROZON doit sa naissance à un Vicomte nommé COLLOMBE D'ECOTAY. Cet industriel dilettante et noble, habitait à Poligny en 1900.

D'ECOTAY construisit son usine à GROZON en 1912 et plutôt bien pour l'époque.

En 1914, la déclaration de guerre.

C'est un peu après la fin de la première guerre que M. Norman BROOKS, membre d'une famille anglaise du ciment, s'intéressa à l'affaire.

La famille BROOKS l'avait envoyé à PARIS pour représenter " The Associated Portland Cement Manufacturers ". Ceci était dû au fait que, dans l'immédiat après guerre, il était nécessaire de reconstruire la France. Comme l'industrie française avait besoin d'abord d'être elle-même reconstruite, il existait un marché pour le ciment anglais. Au fur et à mesure que l'industrie française redémarrait, la demande faiblissait et le problème de l'avenir de M. BROOKS de posait. Pendant la guerre, M. BROOKS eut l'occasion de connaître GROZON et un jour, par hasard, il rencontra à Paris M. BARNET qui travaillait à GROZON et qui lui fit part des énormes difficultés de la Société. Rappelé en Angleterre par sa société, profondément attaché à la France, M. BROOKS se trouvait dans un dilemme : partir ou rester. Il visita GROZON et vint à la conclusion que les difficultés étaient dues au caractère fantaisiste du Vicomte. Il fit l'offre de conseiller techniquement la société et finalement s'installa à GROZON.

Dans un moment de folie, le Vicomte pensant être confirmé par le Conseil d'Administration dans ses fonctions, dans le but d'affirmer son pouvoir vis-à-vis de M. BROOKS, présenta sa démission qui fut acceptée à sa très grande surprise.

M. BROOKS propose alors de prendre la Direction des opérations en échange d'un salaire purement nominal, mais en se rémunérant sur une part des bénéfices.

Le début des années 20 se révéla très difficile pour GROZON.

La survie de la société n'était pas garantie.

La réponse vint une nuit de pluie durant l'hiver 1922 - 1923. M. Norman BROKKS était en train de travailler tard le soir à l'usine, quand il entendit du bruit au rez de chaussée. Puis il entendit une voix disant en anglais " Is anyone here ? " (Y a-t-il quelqu'un ici). L'homme qui appelait était Redmond CAFFERATA.

Le résultat de cette étrange rencontre dut l'entrée dans le capital de GROZON de CAFFERAT.

Les années 1930 virent une amélioration des résultats. La Société CAFFERATA fut absorbée par BPB (British Plaster Board) INDUSTRIES

Norman BROOKS voudrait fabriquer des plaques de plâtre entre deux feuilles de carton comme cela se fait au Etats Unis, mais il n'a pas les capitaux nécessaires.

En 1940, les Allemands envahirent la France.

1946 - 1947 : création de PLACOPLATRE essentiellement avec POLIET LAMBERT Frères et construction de la première usine de plaque de plâtre en France.

Ce produit est mal accepté par les architectes et les entrepreneurs d'où des difficultés financières pour PLACOPLATRE mais aussi pour LES PLATRIERES DE GROZON.

En 1957, comme il fallait faire de nouveaux investissements, c'est BPB INDUSTRIE qui fiancera directement GROZON en prenant une forte participation dans PLACOPLATRE et, plus tard, deviendra majoritaire dans le capital de GROZON. Ce qui donna une grande assise financière à la Société.

Cette année 1957 marque la fin d'une période et d'une épopée avec le contrôle de GROZON par un groupe puissant.

C'est donc pour toutes ces raisons que notre Société appartient à un groupe anglais.

La situation aujourd'hui

La Société PLACOPLATRE possède aujourd'hui 20 établissement de production en France dont

- 3 usines de plaques de plâtre à Vaujours (région parisienne) CHAMBERY et COGNAC.

Celles-ci produisent plus de 100 000 000 de m2 de plâtre à une vitesse de fabrication pouvant atteindre 120 m /minute.

- 6 usines de fabrication de carreaux de plâtre : GROZON, STRASBOURG, VANDIERES, POUILLON, CORMEILLES (région parisienne) et VAUJOURS.

- des usines de polystyrène et des carrières de gypse

Michel Blanchet, Novembre 2003