HASHING - JOIE DE VIVRE

 

Le nom ' Hash House Harriers' ne date que de 1938 mais les origines des jeux qui consistent à suivre un itinéraire repéré par des papiers (Rallye-Paper) et la chasse au "lièvre humain" sont, comme celles du tennis, du golf, du foot etc. perdues dans le brouillard de l'histoire. Mais elles sont certainement anciennes. Il est démontré que les colons d' Amérique du Nord, par exemple, s'y exerçaient il y a 350 ans.
Peut-être ont-ils leurs origines, comme le tir-à-l'arc par exemple, dans la poursuite de l'objectif militaire de conserver les hommes en pleine forme. Peut-être furent-ils inventés pour préparer les enfants au vrai sport de la chasse au lièvre, au lapin, au renard ou autres. Personne ne saura jamais. Quel que ca soit, ces jeux ont été pratiqués dans les grandes Public Schools, telles que Eton, Harrow, Rugby etc. en Grande Bretagne.

Les diplômés de ces grandes écoles, comme on le sait bien, sont partis dans les colonies pour assumer des postes très responsables et sérieux. Souvent très longtemps très loin de leurs racines ils étaient parfois pris par la nostalgie et par le désir de se débrouiller. Que trouver de mieux que de former des groupes pour faire du sport dans le jungle, en montrant en plus aux indigènes un peu des qualités nécessaires à la formation d'un administrateur British! Mais comme pour le Rugby, autre produit des Public Schools, l'importance n'est pas exclusivement le sport lui-même. C'est plutôt l'esprit de camaraderie encouragé après la partie ou le match par la bière, les chansons de Salle de Garde, dans une ambiance complètement folle, où les participants font des bêtises et le critère le plus important c'est de montrer un grand sens d'humour. …..Ce qui m'amène aux Hash House Harriers.

A Kuala Lumpur en Malaisie en 1938 s'organisa un groupe de personnes qui se retrouvaient régulièrement pour chasser le "lièvre humain" dans la jungle et pour ensuite déjeuner ensemble au Selangor Club dont la réputation de la cuisine n'était évidemment, pas très fameuse. Donc "Hash House Harriers" signifie "Coureurs de gargote", le type de restaurant où l'on offre les restes réchauffés d'anciens repas. Dans la formule des courses établie à Kuala Lumpur il s'agissait d'un "lièvre" qui partait avant les autres participants pour établir de fausses et de bonnes routes à suivre. Les coureurs les plus rapides allaient dans tous les sens pour chercher, trouver et signaler les bonnes routes en criant 'On On' (en avant! an avant!) lorsque les moins rapides des coureurs et les marcheurs arrivaient aux carrefours des routes plus lentement afin de pouvoir attendre ces cris. Comme cela, chaque participant pouvait rouler à son rythme à lui et tout le monde arrivait à la fin à plus ou moins le même moment. Avec un 'Beer Stop' à mi-temps on avait trouvé une formule heureuse et populaire d'un sport qui s'est donc dispersé rapidement partout le monde. Cette formule pas du tout concurrentielle, en des milliers de petites variations - par exemple avec des 'amendes' pour avoir commis des "crimes" sur la route - s'est montré très résistante dans le temps et on trouve aujourd'hui à peu près 1,500 Hashes - c'est à dire des groupes des Hash House Harriers - dans le monde. On peut dire qu'il y en a dans toutes les grandes villes du monde. Et on organise maintenant même des Hashes à vélo et a ski alpin!

Mais, c'est un phénomène qui conforme plutôt à la mentalité anglo-saxonne. La grande plupart des Hasheurs viennent des pays anglophones dont même évidemment la GB, les États Unis, l'Australie, etc., mais également de Suisse, d'Allemagne, des Pays-Bas et des pays scandinaves etc. etc. Pourquoi pas les francophones? Je ne sais pas. Je faisais régulièrement le Hash à Abidjan où la plupart des participants étaient bien sûr des francophones. Mais ça ne s'est pas bien transposé en France. Je ne peux qu'imaginer que les français sont un peu plus timides pour faire le clown devant des gens qu'ils connaissent pas très bien. Quoi qu'il en soit, je me suis mis en route pour changer cette situation en Franche Comté. J'ai fait dessiner un t-shirt avec un petit bonhomme franc-comtois courant avec son Comté et sa bière dans les couleurs (bleu et jaune) de la Région et j'ai organisé un week-end du Hash l'année dernière à partir de Nans-sous-Ste.Anne. Il s'agissait du premier Hash des Deux Vallées (Loue et Lison) avec 40 participants de presque toutes les nationalités européennes. Les villageois l'ont trouvé intéressant et m'ont demandé d'organiser une telle manifestation exclusivement pour eux cette année. Cela s'est fait , un soir en juillet, avec 45 participants. Et j'ai organisé il y a trois semaines le deuxième week-end international du Hash à Nans sous une lourde pluie. Mais tout le monde s'en est très bien amusé. On peut dire que nous sommes tous des masochistes, mais nous montrons toujours l'esprit des élèves d'Eton et de Rugby.

 

L'Internet facilite le développement du sport. Auparavant on était membre d'un seul groupe qui se retrouvait régulièrement à telle heure et telle date. Mais maintenant les gens aiment voyager. Ils peuvent consulter le programme des événements Hash sur le Web, et donc ils organisent leurs week-ends en passant du Hash en Hash. Pourquoi? Pas seulement pour les raisons que j'ai déjà développées. En plus, ils peuvent trouver de nouveaux contacts et se faire de nouveaux amis et faire du tourisme pour un coût normalement très modeste (moins de 160 Euros pour le week-end). On trouve des logements avec les Hasheurs hôtes ou dans des auberges ou gîtes. En plus, on collectionne des t-shirts comme ceux que je vais faire circuler parmi vous.

Moi, je fais le Hash d'habitude un soir par semaine à Genève ou à Berne. Mais, cette année j'ai passé des week-ends à Paris, à Luxembourg (où j'ai fait la connaissance d'un Rotarien de RC Echternach-Luxembourg), à Bonn et à Bath en Angleterre. Je suis désolé de n'avoir pas pu participer le week-end dernier au Hash organisé par tous les groupes suisses au Tessin en Suisse-italienne. Mais hier soir j'étais à St. Cergue dans le Jura Suisse pour faire un course au bénéfice de Médecins sans Frontières. Nous avons récolté 370 francs suisses. J'aimerais bien populariser ce sport en Franche-Comté.

Pour conclure:

Hashing est un état d'amitié partagé par des personnes du même esprit qui se rassemblent dans le seul objectif de revivre l'ambiance de leur enfance et de la période d'étroite camaraderie dont ils ont fait l'expérience au lycée ou à l'université. Donc ils peuvent oublier les pressions de la vie quotidienne et, plus largement, faire le clown parmi des autres qui ne vont pas les juger que par leur sens d'humour. Il embrasse des gens de n'importe quel âge, sexe, ou statut professionnel. Hommes et femmes, garçons, filles, proviseurs, étudiants, colonels, simple soldats, ingénieurs, artisans, médecins, plombiers se réunissent sans aucun regard sur leur niveau social ou de formation. Ils sont là pour le sport et pour la camaraderie. Ils adoptent temporairement une autre personnalité, parce qu'ils sont maintenant des Hasheurs.

 

Francis Geere, août 2002