NOS DEPUTES EN 1905 - élus en 1902
Action libérale : 1
Appel au peuple : 1
Catholique indépendant : 4
Conservateur : 36
Conservateur rallié : 4
Droite : 6
Droite libérale : 1
Droite nationaliste : 2
Droite plébiscitaire : 2
Indépendant : 5
Libéral : 1
Nationaliste : 1
Nationaliste plébiscitaire : 4
Plébiscitaire, antisémite : 1
Plébiscitaire nationaliste : 2 dont le Marquis de Dion, " ingénieur constructeur "
Progressiste : 1
Radical : 1
Radical démocratique : 3
Radical nationaliste : 2
Radical socialiste : 91
Rallié : 6
Républicain : 113
Républicain antiministériel : 1
Républicain catholique : 1
Républicain démocrate : 6
Républicain indépendant : 10
Républicain indépendant antisémite : 1
Républicain libéral : 22
Républicain libéral indépendant : 4
Républicain modéré : 6
Républicain nationaliste : 21
Républicain nationaliste antisémite et plébiscitaire : 1
Républicain progressiste : 51
Républicain radical : 144
Républicain radical indépendant : 1
Républicain rallié : 1
Républicain radical progressiste : 1
Républicain radical socialiste : 1
Républicain socialiste : 5
Républicain socialiste patriote : 1
Républicain d'union démocratique : 1
Royaliste : 2 dont le Duc de Rohan)
Révisionniste : 2
Socialiste : 25
Socialiste allemaniste : 1
Socialiste anticollectiviste indépendant : 2
Socialiste blanquiste : 2
Socialiste chrétien : 1
Socialiste collectiviste : 4
Socialiste indépendant : 1
Socialiste parlementaire : 2
Socialiste révisionniste : 1
Socialiste révolutionnaire : 6
Union démocratique : 4
Etiquette non précisée : 32
EN 1905
L'entente cordiale a un an.
Mort de Savorgnan de Brazza.
Loubet gracie Dreyfus qui sera réhabilité en 1906.
La vie politique nationale est alors dominée par la question de la Séparation de l'Église et de l'État, qui est à replacer dans l'histoire conflictuelle qui oppose depuis plusieurs dizaines d'années la République à l'Église, qui a soutenu les monarchistes et les anti-dreyfusards.
La loi Waldeck Rousseau de 1901 sur les associations soumet les congrégations à autorisation et leur conteste le droit d'enseigner et en même temps permet à une multitude d'associations à but non lucratif d'avoir une existence légale.
Le Président du Conseil Émile Combes (ancien séminariste devenu anticlérical mais resté spiritualiste, médecin, franc-maçon, sénateur radical de Charente) applique la loi avec restriction, expulsant les congrégations non autorisées et fermant de nombreuses écoles.
La loi du 21 mars 1905 instaure vraiment le service militaire personnel obligatoire et universel (qui vient d'être supprimé), d'une durée de 2 ans.
La gauche révolutionnaire voit disparaître la figure de Louise Michel la " Vierge rouge ", L'année est surtout marquée par la naissance de la SFIO qui regroupe le " Parti Socialiste de France " de Jules Guesde, le Parti Socialiste Français de Jean Jaurès, le Parti Ouvrier
L'agitation sociale prend de l'ampleur avec la montée en puissance du syndicalisme : la CGT n'est plus seule avec la création d'un embryon de syndicalisme chrétien, de la Fédération des syndicats d'instituteurs et l'apparition, par opposition aux " Rouges ", de syndicats " Jaunes " (à cause de leur emblème : genêt et gland jaunes).
L'académicien Emile Faguet favorable à une réforme de l'orthographe : plus d'accent grave sur déjà, plus d'accent circonflexe sur île, flûte, maître ; oignon deviendra ognon, chariot, charriot ; bijou, chou prendront un s au pluriel !
En 1905, la France compte environ 39 millions d'habitants et la 3° république est bien installée et c'est avant tout une république de bourgeoisie de gauche anticléricale.
Le président de la république était Emile Loubet, un avocat né en 1838, et il était élu pour sept ans en 1899 - son successeur sera Armand Fallières (un autre avocat) - par l'Assemblée nationale et non pas comme l'est le président aujourd'hui, par le suffrage universel. Il avait succédé à Félix Faure mort subitement au Palais de l'Elysée [Monsieur le président a-t-il encore sa connaissance, - Non, elle est sortie par une porte de derrière]
Nos 586 députés étaient avaient été élus pour quatre ans en 1902 et n'auraient donc pas à affronter les électeurs avant 1906. Cette assemblée était présidée par Léon Bourgeois, avocat et ancien ministre, et ancien président du conseil qui s'intitulait " républicain radical ". Le président du conseil était Emile Combes (le petit père Combes) un farouche laïcisant, médecin ET docteur ès lettres, " républicain progressiste ".
NOS DEPUTES EN 1905 - élus en 1902 pour quatre ans au scrutin d'arrondissement.
[En 1905 fut montré au public pour la première fois le squelette de T Rex au muséum de Berkeley, university of California San Francisco, je crois.]
Le 23 février 1905 était un jeudi ; Et pourquoi mentionner cette date ? C'est que, nous le savons bien, ce jour eut lieu la première réunion officielle du premier Rotary club, entre Paul Harris, Silvester Schiele, Gustavus Loehr et Harry Ruggles
Et comme c'était un jeudi et il n'est pas interdit de penser que nos 586 députés ont peut-être eu, ne fut-ce que pendant un bref instant, une fugace pensée de ce qui se passait à Chicago ce jour là ? ?
Il faudrait demander à notre père fondateur, Régis, si c'est pour cela que nous nous réunissons le jeudi ? Il me semble qu'à l'origine c'était un mercredi, alors ? Message de Paul Harris ?
Revenons à nos députés.
Nous avons oublié bon nombre d'entre eux, mais le noms de quelques uns sont toujours présents dans nos mémoires : Jean Jaurès, Albert Lebrun qui sera le dernier président de la 3° république, Jean Bouveri, ouvrier mineur et maire de Montceau les Mines qui se déclarait " socialiste révolutionnaire ", Léon Bourgeois (le président), Paul Deschanel, Gaston Doumergue, Aristide Briand qui aura été 26 fois ministre, dont 18 fois ministre des Affaires étrangères et 11 fois président du Conseil, et fondateur avec Jaurès de l'Humanité et du parti socialiste, Joseph Caillaux, Alexandre Millerand, Delcassé (Entente Cordiale), Paul Doumer, etc. etc,
Bourgeoisie de gauche en effet et plus de 60 étaient avocats, une quinzaine exerçaient d'autres professions judiciaires, une trentaine des professions de santé, et presque tous ceux que je viens de mentionner se déclaraient " républicains ", ou mieux " radicaux socialistes ".
D'ailleurs les étiquettes étaient très nombreuses, et me plongent dans la perplexité : SEIZE catégories de " républicains ", depuis les quelque 70 républicains, tout court, en passant par les 75 " républicain radical ", républicain progressiste, républicain libéral et même républicain catholique et jusqu'à un " républicain nationaliste antisémite et plébiscitaire " ! (Quelqu'un pourrait-il décoder ?).
Beaucoup d'avocats, donc, et aussi pas mal de médecins, mais également un bon nombre qui se déclaraient " propriétaires ", cette activité présentée ainsi ferait sourire aujourd'hui, on lui préférerait sans doute " exploitant agricole ". Et aussi 18 industriels.
Le corps enseignant était peu représenté : il n'y a avait qu'un seul instituteur et 5 professeurs, surtout professeurs de fac.
Et notre district.
Souvenons nous d'abord qu'après la défaite contre les Prussiens, l'Alsace et la Moselle avaient été annexées, nous ne parlerons donc pas de la quinzaine, je crois, de représentants envoyés à Berlin.
Tout de même le Haut-Rhin avait un député à Paris, celui de la ville de Belfort, seule partie du département non annexée, probablement parce qu'à Belfort on n'avait jamais parlé allemand ni un dialecte germanique. On ne parlait pas encore de " Territoire de Belfort ", sans doute.
Il reste donc la Franche Comté : Haute Saône, le Doubs, le Jura, et Belfort.
A Belfort, désigné comme " Haut-Rhin ", c'est le maire de la ville, Charles Schneider, né à Colmar, désormais annexée, qui est le député, avec l'étiquette de "républicain radical "
Dans le Doubs, nous retiendrons la Marquis de Moustier (Baume, propriétaire - républicain), Beauquier (Besançon 1, archiviste paléographe et journaliste) - Grosjean (Pontarlier, avocat, républicain nationaliste) - Janet (Besançon 2 - Républicain - ingénieur corps des mines) - Réville (Montbéliard - avocat - radical).
En Haute Saône : Jules Jeanneney (Vesoul, Ingénieur corps des mines, républicain) - Auguste Peureux (Lure2, républicain radical) - René-Renoult (Lure 4, républicain radical), et surtout :
Maurice Couyba dit Maurice Boukay, (Gray, homme de lettres et chansonnier, républicain indépendant)
Maurice BOUKAY, auteur de " Chansons rouges " publié en 1897. La musique était de Marcel Legay et des illustrations de Steinlen. Les chansons de Boukay se présentent comme des chansons sociales, " où chacune des classes de la société moderne, où chacun des artisans de la Cité future, doit exprimer, en son langage, son idéal, sa douleur et ses vux ", comme le dit l'auteur dans sa préface - mais elles sont d'inspiration socialiste et non anarchiste.
Et enfin - et surtout, - dans notre JURA qui comportait alors 4 arrondissements (celui de Poligny ne fut supprimé que dans les années 20 (la sous-préfecture occupait les bâtiments du lycée actuel).
C'est Emile Cère qui représentait Saint Claude. Il était homme de lettres et appartenait au parti radical. Bien qu'il ait sa rue à Sait Claude, je n'ai pas réussi à trouver ses uvres.
Le député de Dole était Antoine Mollard, " ancien industriel chimiste " sous l'étiquette républicain radical.
Lons-le Saunier avait Georges Trouillot né à Champagnole devint avocat à Lons-le-Saunier (Jura), où il passa la plus grande partie de sa vie.
Radical convaincu, président de l'Union républicaine à partir de 1885, il fit une carrière politique bien remplie :
Conseiller municipal de Lons-le-Saunier (Jura) de 1878 à 1884.
Conseiller Général de Beaufort (Jura) et président du Conseil Général de 1895 à 1916.
Député du Jura de 1889 à 1906 puis sénateur du Jura de 1906 à 1916.
Vice-président de l'Assemblée Nationale et membre du ministère des Colonies en 1898.
Ministre du Commerce et des postes de 1902 à 1905, ministre du Commerce dans le cabinet Rouvier, puis ministre des Colonies de 1909 à 1910.
En juillet 1901, il fut le rapporteur de la loi sur les congrégations, connue aujourd'hui sous le nom de "loi de 1901".
Il est inhumé à Plainoiseau (Jura), village familial.
Charles DUMONT était notre député pour l'arrondissement de Poligny
Né à Ajaccio (Corse le 31 août 1867, mort à Meulan (Seine-et-Oise) le 22 avril 1939.
Il fut député du Jura de 1898 à 1924. Sénateur du Jura de 1924 à 1939. Ministre des Travaux. Publics de mars au 7 juin 1911
Ministre des finances du 22 mars au 9 décembre 1913 et du 21 au 25 février 1930
Ministre de la Marine militaire du 27 janvier 1931 au 20 février 1932.
Agrégé de philosophie et docteur en droit, il professait au lycée de Lons-le-Saunier quand l'arrondissent de Poligny l'envoya siéger à la Chambre des députés. Arrivé au Palais Bourbon, il s'inscrivit au groupe des radicaux. Il entra à a Commission du budget et à celle de la Commission du budget et à celle de la législation fiscale. Il prit part avec une réelle autorité aux discussions sur les questions fiscales les plus ardues. Les projets de loi sur !a séparation des Églises et de l'État ainsi que sur les retraites ouvrières ont aussi motivé de sa part plusieurs interventions retentissantes à la tribune.
Réélu à l¹unanimité rapporteur général du budget en 1920, il devient sénateur du Jura en 1924 et s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste
Bien que ce ne soit pas vraiment mon propos ce soir, je citerai quelques sénateurs : le Général Paul Grévy (Jura), le Général Japy (Belfort), et aussi Armand Fallières, Raymond Poincaré et Waldeck Rousseau,
1905 fut donc une année fertile en événements et en décisions importantes.
Pourtant ce qui était sous-jacent, c'est ce dont on disait qu'il fallait " y penser toujours, n'en parler jamais ", c'est-à-dire la reconquête de nos provinces perdues, la Revanche.
Dans moins de dix ans va commencer la 2° Guerre Mondiale, la Grande Guerre qui nous rendra nos deux provinces, mais aura des conséquences désastreuses pour l'Europe et entraînera la 2° Guerre.
Donc rien d'étonnant à ce que la société française soit militariste et militarisée en ce début du XX° siècle. Des casernes partout, des uniformes dans toutes les villes: de unités partout, dont 8 à Besançon, 1 à Lons, 4 à Belfort, 1 à Lure, 1 à Vesoul, 1 à Dole