LA CROATIE

La Croatie occupe presque tout le littoral de l'Adriatique entre Italie et Albanie. C'est dans le nord du pays que se trouve la capitale, Zagreb. Elle est bordée au nord par la Slovénie, à l'est par la Bosnie et au sud par le Monténégro et l'Albanie. Sa superficie (56,000Kms²) correspond au dixième de la superficie de la France. Sa population est d'environ 6 millions d'habitants dont 80% sont catholiques avec de fortes minorités d'Orthodoxes et de Musulmans.

 

A l'Age du Bronze le territoire de l'actuelle Croatie était essentiellement peuplé de tribus dites " Illyriennes " structurées en royautés indépendantes dont les Histres, les Dalmates et les Liburnes.

 

Pendant le 4eme siècle avant JC les Grecs avaient établi des ports et des comptoirs sur la côte, mais en 239 avant JC les Romains sont venus intervenir à cause des problèmes de piraterie posés par les Illyriens. Il a fallu plus de 2 siècles sanglants aux Romains pour subjuguer ce fléau, pour en faire une province romaine imposer la " Pax Romana ".

A partir de la fin du I° siècle de notre ère le territoire a commencé à se couvrir de villes, routes, vignobles, oliveraies engendrant une prospérité économique remarquable. Plusieurs vestiges architecturaux témoignent de cette époque qui a donné à l'empire plusieurs empereurs dont Aurélien, Dioclétien et, au 4ème siècle, Constantin le Grand.

 

Au début du VII° siècle les Avars, originaires de l'Asie Centrale, sont arrivés à dominer la région et l'empereur Héraclius a du faire appel aux peuples de la région de l'actuelle Pologne du Sud pour l'aider. Parmi ceux-ci les Croates, les Slovènes et les Serbes.

Pendant deux siècles les Croates, christianisés et romanisés, structurés en duchés devaient résister l'ambition très active de Charlemagne qui réclamait la Dalmatie. En 812, après la Paix d'Aix-la-Chapelle, la Dalmatie restait sous l'empereur byzantin tandis que les duchés et l'Istrie tombaient sous la souveraineté franque.

 

Petit à petit le territoire s'est réuni et en 1089 il reçoit une reconnaissance internationale du royaume de Croatie et Dalmatie. Mais le prince régnant, Zvonimir, meurt sans enfant, ce qui déchaîne les ambitions de plusieurs autres pays et les Magyars qui cherchaient une ouverture à la mer s'emparent du pays. Désormais, jusqu'en 1918, la Croatie et Bosnie - partagent le sort de la Hongrie.

 

 

En 463 des Ottomans musulmans envahissent les Balkans ce qui va entraîner les problèmes récents de la Yougoslavie. Entre 1463 et 1482 ils d'emparent de la Bosnie-Herzégovine. En 1493 : désastre. Les Hongrois ont subi une grande défaite devant les Ottomans et la noblesse croatienne a été décimée. Une partie de la Croatie est tombée sous l'occupation des Ottomans. Une autre défaite, en 1526, facilite leur domination sur le reste des territoires magyars sauf quelques territoires croates qui constituent désormais le rempart de la chrétienté.

 

En 1573 les Habsbourgs établissent un système de fortifications et engagent des mercenaires pour protéger leur territoire des avancées des Ottomans et en 1630, pour mieux poursuivre la lutte contre les Ottomans, Vienne prend sous son administration directe une partie de la Croatie qui avait été abandonnée par ses habitants.

 

Et une frontière militaire qui s'étend de Zadar en pleine Croatie jusqu'aux rives du Lac Balaton en Hongrie restait la frontière orientale de la chrétienté jusqu'au traité de Paix de Karlowitz signé en 1699. En 1718 le Traité de Passarowitz délimite la frontière entre Bosnie et Croatie qui reste à peu près la même aujourd'hui.

 

Entre 1809 - 1813 la chute de Venise amène les Français sur l'Istrie et une partie du territoire intérieur croate. La Dalmatie tombe sous le contrôle français avec les traités de Presbourg (1805) et de Vienne (1809). Le Général Marmont est nommé gouverneur des Provinces Illyriennes c'est à dire le sud de la région et la construction de routes et de ponts, ainsi que l'organisation de lois et de réformes sociales a permis aux historiens d'attribuer aux Français le développement de sentiment national croate. Mais le Traité de Vienne en 1815 remet les Provinces Illyriennes sous la domination austro-hongroise.

 

Pendant les décennies suivantes les Croates s'opposent à la domination hongroise qui voulait rendre obligatoire, entre autres choses, l'usage de la langue hongroise. En 1848 la révolution hongroise a précipité une crise et le contrôle de l'empereur est devenu même encore plus strict.

 

La Première Guerre Mondiale a changé complètement le visage des Balkans. On parle pour la première fois de " Yougoslavie " et le rapprochement s'accentue entre les Serbes et les Croates. La Déclaration de Corfou en 1917 établit le principe de l'établissement d'un tel état et, en 1918, le royaume de Serbie, de Croatie et de Slovénie fait son apparition sous le roi Pierre. Les Serbes sont contents d'avoir créé un Grande Serbie, mais les Croates cherchent une mesure d'autonomie sous ce parasol royal.

 

En 1922 Stjepan Radic cherchait un soutien pour son projet d'indépendance de Croatie. Il est assassiné 6 ans plus tard à Belgrade Les Serbes prennent de l'ascendant et nombreuses sont les persécutions contre les Croates.

 

Après l'assassinat du roi en 1934 les ultranationalistes reçoivent l'appui de Mussolini pour établir un mouvement terroriste. L'arrivée des Allemands en 1941 installe des régimes collaborationnistes et un génocide en Croatie contre Serbes, Tziganes, Juifs et opposants en général. Cependant les royalistes serbes sèment la terreur parmi les Croates et les Bosniaques dont une majorité s'allient avec la Résistance.

 

C'est Tito qui dirige le mouvement anti-fasciste qui a libéré le pays en 1944-45. Un million de personnes au total avaient péri pendant le conflit dont près de 100,000 Serbes, Juifs, Tziganes et Croates, qui ont trouvé la mort dans le seul camp de concentration de Jasenovac.

 

Après la Guerre la Yougoslavie est reconstituée de six républiques socialistes dont les éléments communs étaient le parti communiste et la langue hybride Serbo-Croate. Malgré tout, Tito n'a jamais réussi à établir la parité entre les membres de la fédération, et les tensions entre Serbes et Croates augmentaient. Les Croates voulaient utiliser leur propre langue et ils revendiquaient une meilleure distribution des devises qui venaient du tourisme sur le littoral, particulièrement de Dalmatie.

En 1971 le soi-disant Printemps Croate est réprimé par Tito avec beaucoup de violence et de cruauté. Après sa mort en 1980 l'idéal d'une Yougoslavie commence à se désintégrer.

En 1990 les premières élections libres en Yougoslavie voient la victoire claire de Franj Tudjman en Croatie. Mais la 'Krajina', sur la frontière bosniaque se révolte contre Zagreb (capital de Croatie). L'armée fédérale, loin de rester impartiale, aide les séparatistes. La Croatie se proclame indépendante et ses forces essayent de regagner Krajina.

En 1991 Milosevic à Belgrade refuse, à son tour, la Présidence de la Fédération à la Croatie. La poste reste donc sans occupant et l'existence de la Fédération a, de facto, cessé. En août 1991 l'armée fédérale, composée en effet entièrement de soldats serbes, déployée en Slavonie, attaque Vukovar, et bombarde Zagreb et Dubrovnik. Vukovar tombe en octobre de cette année.

En janvier 1992 un cessez-le-feu est mis en place. L'UE reconnaît l'indépendance de Croatie qui devient membre des Nations Unies et accepte 14,000 casques bleus.

La guerre a tué 13,000 Croates. Un quart du pays a été occupé et la politique de 'nettoyage ethnique' a provoqué le déplacement de 500,000 Croates des territoires occupés.

Malgré l'avancée de la paix en Croatie la guerre continuait en Bosnie et, ensemble les Bosniaques et Croates faisaient face aux troupes de Milosevic.

La coalition, sous pression des milliers de réfugiés et des opinions divergents sur l'avenir de la Bosnie, a vu ses tensions pendant 1993-94, mais enfin, à Washington en 1994 la paix a été retrouvée.

Après des opérations militaires menées par les Croates pour regagner la Slavonie occidentale, la Croatie retrouve l'intégralité de ses territoires perdus en 1991. 90,000 Serbes partent en exil.

Les accords Dayton-Paris entre les parties ont définitivement mis fin à la guerre.

 

Depuis février 2003, le processus d'adhésion à l'UE est en marche, et la Croatie espère devenir membre à partir de 2007.

Cet intéressant exposé est suivi d'un diaporama montrant une centaine des plus belles photos que Francis a rapportées de son séjour en Yougoslavie.

Merci Francis de nous avoir fait voyager dans le temps et dans l'espace

Francis Geere, décembre 2004